Dôme du Sancy / Monts Dore/Monts du Cantal / Cézallier Limon /Août 2018 /(63 – 15)

C’est avec Pastel, DSA aguerri et très endurant que j’ai parcouru le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne (PNRVA)…

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Des gorges du Tarn aux gorges de l’Ardèche (48-07)

 Descriptif

10 jours de randonnée à cheval ….

Une véritable aventure humaine pour 4 cavaliers bretons et leur intendant …. En septembre 2014, nous sommes partis pour les Cévennes. Un véritable baptême du feu pour moi-même et notre intendant,  c’était notre première randonnée. Onze jours de vie commune, de partage, d’amitié, de convivialité et de pur bonheur….

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Au pays du Velay et des monts d’Ardèche (43- 07)

 

Je devais faire 14 jours de rando  au pays du Velay, en Haute-Loire, et des Monts d’Ardèche, en Ardèche :

Capture carte HLA (2)

Autrefois rattaché au Languedoc, le pays  du Velay est marqué par des influences méditerranéennes et rhônalpines et fait le bonheur des randonneurs. La région regorge de villages typiques préservant les maisons des dentellières, les églises et abbatiales et les châteaux de la région…

Le Mont Mézenc est le point culminant des départements de l’Ardèche et de la Haute-Loire. Autour de lui le paysage résulte du passé volcanique, il est  marqué par une succession de dômes volcaniques que l’on appelle « les sucs » qui semblent jaillir de terre comme des taupinières au milieu de grands espaces, versant Sud-Est, dont le Gerbier-de-Jonc célèbre pour les sources de la Loire, et ses hauts plateaux, versant Nord-Ouest…

J0 Arrivée au camping de Paulhaguet, en Haute-Loire

Arrivée au camping de Paulhaguet, au bord de la rivière la Senouire, après 10 h de route. 

Pastel a compris et branché son « programme rando ». Il ne me quitte pas des yeux…

 

J1 – Paulhaguet – La Chaise-Dieu

C’est la 1ère fois que je randonne en solitaire et sans intendance et, que Pastel ait autant de poids sur le dos, 21 kg de paquetage.

Je passe à  Paulhaguet. Situé en Haute-Loire, celui-ci  est un joli village perché à 520 mètres d’altitude. Traversé par la rivière la Senouire, il s’étend au milieu d’un paysage vallonné où des collines boisées côtoient des vallons doux.

Très vite, je suis  dans la région des « pays coupés »  partie Sud Ouest du Parc Naturel Régional du Livradois-Forez, l’Auvergne côté soleil levant.

C’est le paysage entre-deux, entre le haut et le bas, entre la Limagne et le Haut-Livradois. C’est le pays des vallées secrètes et encaissées. On passe de l’isolement et du repli aux plateaux suspendus ouverts sur les lointains. C’est le pays aux deux visages.

Des « langues » de pelouse, de tous petits prés et des arbres de bord de rivière signalent le lit du ruisseau. Les versants trop abrupts sont couverts d’une végétation mélangée entre les pins, les chênes et les hêtres selon leur altitude et leur exposition. De nombreux affleurements rocheux sont marqués par des lieux de vie où se sont accrochés les châteaux pittoresques et certains hameaux et villages aux toits de tuile rouge.

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Les alvéoles cultivées, aux parcelles étendues et aux belles silhouettes villageoises contrastent avec la profondeur des vallées encaissées à la nature luxuriante. Un double visage pour ce pays de transition.

 

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Mais, première embûche, alors que je suis en pleine forêt, je suis contraint de rebrousser chemin. Le sentier présent sur ma carte papier comme sur mon gps n’existe plus. Par bonheur, je ne suis pas trop loin d’une petite route, je reviens sur mes pas et réactualise mon itinéraire. Cela me vaudra quelques km de plus…

Seconde embûche, alors que je suis au Sud du village de Berbezit, au milieu de nulle part en pleine forêt de Lamandie, il y a des chantiers d’abattage d’arbres. Malheureusement tout est en vrac par terre et,  difficile de faire demi-tour. Je décide de faire du saute-mouton avec mon cheval mais pas facile pour nous deux. Enfin, on s’en sort…

Un peu plus tard à Connangles, j’ai l’occasion de faire un brin de causette avec un habitant venu retrouver ses racines. Il me dit que la moitié de la forêt environnante est une jeune forêt plantée il y a 60 ans au détriment des cultures et de l’élevage. Mais, comme dans beaucoup de régions en France, la population déserte ce genre de territoire au profit des métropoles.

J’aperçois enfin, sur un plateau granitique le village de  La Chaise-Dieu,  lieu de mon ultime étape.   Pastel se verra offrir des carottes au Casino …

Au cœur du Parc Naturel Régional Livradois-Forez, La Chaise-Dieu offre un cadre unique de forêts préservées, de vallées profondes et de rivières très pures, riche d’un patrimoine architectural, culturel et musical prestigieux.

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L’église de la Chaise-Dieu

 

Je suis très bien accueilli au camping. Plusieurs campeurs viennent faire la causette et, Pastel trouvera rapidement des copains…

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Pastel dans son parc a de la visite, les poneys du centre équestre voisin

Ainsi s’achèvera ma 1ère journée, difficile pour une 1ère journée ….

J2 – La Chaise-Dieu – Anazac

Après un lever matinal, un petit déjeuner à la fraîche, il me faut ranger, démonter, tout mettre en ordre, faire mon paquetage, préparer mon cheval, seller et remettre mon paquetage sur le dos de mon fidèle compagnon. Je suis surpris par le temps nécessaire.

Pour cette seconde étape, je suis sur le circuit officiel, Caracolade, du CDTE de Haute-Loire, en principe environ 33 km mais avec un dénivelé beaucoup plus faible que la veille.

Je constate que le balisage de l’itinéraire est bien à jour. Je décide de naviguer à la carte avec mon GPS en soutien.

Au fur et à mesure de ma progression, je me rends compte que la nature du sol a changé. J’ai quitté le sol granitique du pays de La Chaise-Dieu pour un sol volcanique du Pays du Velay.

L’itinéraire me conduit à longer le lac de Malaguet qui, à l’origine, devait être une étendue marécageuse séparée en deux par un gué, d’où son nom : « mauvais gué » qui a donné « Maleguet » puis Malaguet par la suite. Ce lac se présente sous la forme d’une cuvette allongée et  se caractérise par son site exceptionnel, enchâssé dans un écrin de forêts et de prés, à l’écart des zones d’habitation et des axes de circulation

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pause photo au lac de Malaguet

A l’approche d’Allègre, je croise une dame qui fait ses premiers pas avec un âne bâté. Il est vrai que je suis au pays de Stevenson qui, avec son ânesse Modestine, avait ouvert la voie aux randonneurs… 

Situé entre le plateau de La Chaise-Dieu où le granit affleure et le Velay volcanique, le bourg d’Allègre s’étage sur le flanc d’un ancien volcan, le mont Baury. À son sommet à  1050 mètres d’altitude, au-dessus de curieux jardins terrasses, les vues lointaines nous emmènent depuis la chaîne du Dévès jusqu’au plateau du Mézenc et plus loin encore jusqu’aux Cévennes. « C’est le premier sourire du midi » dit-on.

La Potence est le nom donné aux étonnants vestiges d’un des châteaux bâtis au sommet du volcan de Baury. Le promontoire de cette potence offre un paysage exceptionnel avec notamment le Mont Bar en toile de fond.

Les chemins au sol de pouzzolane me conduiront au gîte Les Pradeaux où je serai très accueilli….

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Le gîte des Pradeaux, une SUPER adresse pour cavaliers randonneurs

 

J3 – Anazac – Lavoûte sur Loire

C’est le dimanche, j’ai prévu une petite étape pour me rendre à Lavoûte sur Loire.

Il fait encore beau ce dimanche matin, j’emprunte un chemin d’exploitation qui me conduit au  petit bourg pittoresque de St Geney-Près-Saint-Paulien. Les maisons sont très caractéristiques, grandes bâtisses aux  toits de tuile rouges et murs en pierres volcaniques.

 

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Je me retrouve assez vite sur une piste forestière interminable de 5 km.  Pastel est en forme et avance d’un pas énergique.

Puis, après avoir fait 6 km  sur une petite route qui sillonne à travers les prés, j’arrive à Lavoûte sur Loire.

Il est 12 h 30 lorsque je fais boire mon cheval Pastel à la fontaine au milieu du bourg. Là, je fais la rencontre de A…. qui, quelques minutes plus tard, m’invitera à déjeuner avec son compagnon.  Nous passons un très agréable moment inoubliable, d’échanges, de convivialité, de sincérité, au cul de Pastel, à l’intérieur de leur petite cour …

En milieu d’après midi, je rejoints le camping. A notre arrivée, Pastel se voit offrir du pain sec. Il est content mais, j’ai tout de suite vu qu’il y avait très peu d’herbe. Je monte ma tente cependant en espérant  pouvoir faire brouter Pastel en dehors du camping. Quand tout à coup, B… l’un des campeurs m’interpelle, me disant que, de l’autre côté du grillage, sur les bords de la Loire il y a de l’herbe à foison. Nous allons voir cela. Effectivement, les bords de Loire sont inondés fréquemment et, il y a de l’herbe. B… me propose de m’aider à rapatrier ma toile de tente déjà montée ainsi que tout mon paquetage. Aussitôt dit aussitôt fait, le transfert se fera en quelques minutes, Super !!

C’est le rêve, nous voilà bien installés…

Je reverrai  B …. en soirée, c’est un marcheur infatigable. Il connaît très bien la région et me prévient que ça va monter très dur pour quitter Lavoûte sur Loire le lendemain. 

J4 – Lavoûte sur Loire – Saint Julien de Chapteuil

Lever matinal, il ne fait pas trop froid au bord de la Loire… Le paysage est magnifique avec un léger brouillard sur la Loire …

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Mais surprise, je découvre que mon flacon de savon noir est cassé. Tout le savon noir s’est répandu dans mon zybloc. Ma brosse à cheveux, ma brosse à dents, mon rasoir, …. , tout baigne dans ce savon noir. Je suis dépité sur le coup, mais très vite, je me dis que cela fera 340 g en moins sur le dos de Pastel…

En partant, je  repasse à nouveau à la fontaine pour Pastel. A… et M…  viennent me saluer et me donnent des brugnons pour faire la route !!! Qu’ils sont vraiment sympa A… et M… !!!

Comme prévu,  ça grimpe dur pour quitter Lavoûte sur Loire. Au sommet de la colline, un petit belvédère me permet d’admirer le paysage et la forteresse de Polignac que j’avais visitée l’an dernier, magnifique !!!

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la forteresse de Polignac tout en bas

Imprenable demeure médiévale, avec chemin de ronde et système défensif unique, la forteresse de Polignac se dresse sur un dyke qui lui sert de piédestal…

Je suis sur la crête tout au-dessus du Puy en Velay que j’aperçois au loin, avec les Monts du Velay au 1er plan, joli paysage !

Pour économiser un peu de goudron, je coupe à travers un pré sans clôture ni animaux. J’entends alors « casse-toi et prends la route – tu n’as rien à faire dans mon pré ». Ça  me rappelle une réplique du même genre entendue de la bouche d’un « petit » homme politique ….. En fait, c’est le paysan qui m’interpelle du haut de son tracteur rutilant. C’est vrai qu’il a plus de chevaux que moi mais, est-ce une raison de m’interpeller ainsi ? Qu’ils peuvent être frustres certains paysans de Haute-Loire !!!

Cela fait désormais un peu plus de 3 heures que nous sommes partis et je n’ai pas trouvé d’eau pour Pastel. Quand tout à coup, je vois des poneys dans un pré que l’on vient approvisionner en eau. Ni une ni deux, il faut que je saisisse cette occasion. En fait, c’est le patron  d’un centre équestre tout proche, « l’écurie de la bruyère » à Blavozy,  qui me donnera de l’eau,  me propose un petit pré pour faire ma pose de midi et me recommande de passer chez eux en repartant  pour faire boire mon cheval à nouveau. Il fait chaud, bien chaud même.

Chose dite, chose faite, je passe par ce centre équestre en partant, c’est sur ma « route ». Là, je me vois « offrir » au moins 3 litres d’aliment au cas où il n’y aurait pas trop d’herbe à St Julien de Chapteuil, SYMPA non !!!

Problème, je suis désormais limite en surcharge si je monte sur Pastel. Alors, pas le choix, je vais marcher aux côtés de Pastel. C’est aussi cela la rando dans ces conditions… mais, ce n’est pas désagréable et, Pastel apprécie …

Après avoir contourné Montferrat, traversé plusieurs petits villages puis emprunté un étroit sentier rocailleux en descente, je longe la Sumène, une autre rivière. C’est alors que je rencontre un groupe de jeunes footeux en «stage de cohésion» me dit D… leur moniteur. Ils sont émerveillés par Pastel et souhaitent immortaliser cet instant. Qu’ils sont sympa ces  jeunes !!!!

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des jeunes footeux en stage de cohésion, heureux de se faire prendre en photo avec Pastel

 

Puis enfin, Saint Julien de Chapteuil en ligne de mire. Ce sera l’occasion de quelques réappros….

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Niché au cœur du massif du Meygal au milieu des sucs volcaniques, Saint-Julien-Chapteuil est un très joli bourg et semble être un lieu particulièrement agréable à vivre.

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la chaîne des Alpes au loin

Ce bourg compte  parmi ses citoyens célèbres Louis Henri Jean Farigoule, dit Jules Romains. Celui-ci fut écrivain, philosophe, poète et auteur de la célèbre et gigantesque fresque « Les Hommes de bonne volonté », odyssée de deux amis, Jallez et Jerphanion, l’écrivain et l’homme politique, racontée sur une période de vingt-cinq ans…  

Je dois me mettre au bord de la rivière la Sumène, en marge du camping. Je fais alors la connaissance de J.. et de sa fille toutes deux fans de chevaux. Avec leur voisine, elles contacteront la propriétaire du pré voisin afin d’y mettre mon cheval pour la nuit.

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c’est dans cette maison qu’habitent J…. et C…., mes voisines d’une nuit

Je m’installe au bord de la rivière. J… me prêtera une table de jardin et une chaise,  m’apportera un verre de vin puis, m’invitera à siroter un bon verre  avec sa voisine C….. Nous passerons une agréable soirée « à refaire le Monde » avec le sentiment d’une journée bien remplie. C… me prêtera un gros duvet pour la nuit, il devrait faire froid au bord de cette rivière. Là aussi, un souvenir inoubliable …

J5 – Saint Julien de Chapteuil – Médille (La Rochette en Ardèche)

L’étape prévue est assez longue avec du dénivelé. Après étude de la carte, je décide de changer mon itinéraire afin de tenter de réduire la difficulté. Je vais me diriger tout droit sur le Mont d’Alambre et passer au Nord du Mézenc pour rejoindre Médille.

On m’avait prévenu, l’arrivée au hameau de Bigorre est difficile, chemin en montée avec de gros cailloux mal agencés.

Ce hameau de caractère a su conserver ses chaumières recouvertes de chaumes ou de lauzes. Edifiées à la fin du XVIIIe siècle et début XIXe siècle, elles ont pour certaines été restaurées dans les années 1970.

CHAUMIERES BIGORRE ECOMUSE

l’une des chaumières de Bigorre

Typique des « maisons blocs » du Mézenc, qui réunissent sous le même toit pièce d’habitation, étable et grange, l’une d’entre elles accueille un écomusée qui retrace l’histoire de ces vieilles chaumières et le travail des chaumiers. Cet habitat est typique du monde rural des hauts plateaux du Mézenc. Les toits en forte pente protègent bien des rigueurs terribles de l’hiver avec ce vent, la burle, qui balaye cette haute terre aux allures de steppe.

Pas de chance, j’ai oublié de recharger la batterie de mon appareil photo. Je suis contraint de prendre des photos avec mon smartphone, je ne vois rien sur l’écran, je prends des photos à l’aveugle et, ce n’est pas terrible. Dommage, ce village méritait mieux … Comme quoi, il faut toujours penser à tout quand on est seul. Mais, je prends conscience que la batterie de mon nouvel A P N tient 3 jours, une donnée à intégrer pour la suite de mon périple …..

Je passerai ensuite au village de Saint-Front pour mettre le cap sur le mont d’Alambre . Le ciel est bien dégagé, j’aperçois alors, au loin, la chaîne des Alpes et le Mont Blanc, c’est super…

Je débouche ensuite au col  la Croix de Pécata à 1 564 m, au  Nord du Mézenc. Je ne suis plus très loin de Médille, il me faut continuer sur le GR7 qui emprunte une route forestière. Le chemin est agréable quand soudain, je débouche sur une portion « casse gueule ». De gros cailloux mal agencés et plus ou moins « branlants » et glissants constitue notre seul passage étroit bordés de pins assez serrés dont les branches ont été coupées à mi-longueur. Il faut faire très attention à la chute, aux glissades et aussi aux sacoches ….

Puis, c’est l’arrivée à la Ferme de Médille, une des plus hautes fermes habitées d’Ardèche, qui se trouve à 1 365 mètres d’altitude, sur le versant Nord-Est du Mont Mézenc à la limite entre la Haute-Loire et l’Ardèche.

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la ferme de Médille, 30% d’enfer et 70% de paradis selon Christine qui tient le gîte

Construite il y a plus de 350 ans au milieu d’un petit cirque de montagnes dont les flancs sont couverts de forêts de fayards et de sapins, la ferme de Médille est une grande bâtisse en pierre d’Ardèche et au toit recouvert de lauzes. Elle est exposée plein sud et offre un large paysage magnifique de montagnes volcaniques, de collines, de prés et de forêts : le Suc de Sara, le Mont-Gerbier-de-Jonc (source de la Loire), les roches de Borée et du col de Médille. Ici les hivers peuvent être très rudes avec de fortes neige qui combinées avec la burle génèrent des congères qui peuvent bloquer toute sortie durant plusieurs jours….

La ferme de Médille, une SUPER adresse pour randonneurs. Convivialité, confort et produits bio faits maison sont au menu du soir, comme ce soir là en compagnie d’un groupe de randonneurs pédestres.

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J6 – La Rochette en Ardèche – Villevieille (28 km)

Sur les conseils de Christine qui tient la ferme de Médille, je décide de passer par le sommet du Mézenc plutôt que de passer aux sources de la Loire où je verrais surtout des campings car, des voitures et de l’eau sortir de partout …

Il me faut retourner au Col de la Croix de Pécata, Christine m’indiquera un raccourci plus facile afin d’éviter la portion dangereuse de la veille.

Il fait super beau, Pastel est décidé. Il y a beaucoup de randonneurs pédestres qui vont aussi au sommet de ce mont. Un « grand » homme politique vient de le gravir dernièrement, ce mont va-t-il devenir aussi célèbre que la Roche de Solutré ?

Le début  se fait par un large chemin forestier au sol volcanique puis c’est la montée par un sentier pentu et rocailleux. Pastel attire la curiosité. Localisé à la frontière de l’Ardèche et de la Haute-Loire, le mont Mézenc, a une  forme caractéristique et reconnaissable de loin : certains le comparent à une selle de cheval… Il est constitué de deux sommets qui culminent à 1 744 mètres, en Haute-Loire, et 1 753 mètres, en Ardèche. D’origine volcanique, ce dôme de phonolite mérite incontestablement d’être gravi, d’une part pour le panorama grandiose sur le Massif central, la vallée du Rhône et les Alpes qu’il délivre, d’autre part pour sa flore exceptionnelle – grande violette des montagnes,  mais aussi arnicas, épilobes, gentianes, anémones, ….  narcisses… je ne connais pas tout ….

Le Mézenc était, dit-on, le pays des « trois toits » distingués par leurs différentes couvertures : les lauzes, les chaumes et les genêts… Les habitants recouvraient leur maison avec des ressources locales ….

La descente se fera aussi par le même type sentier pour arriver à la Croix de Boutières où je ferai la connaissance d’un randonneur avec un âne bâté et de randonneurs pédestres, au cours d’une pause casse-croûte.

La table d’orientation de la croix des Boutières m’a permis de voir un panorama exceptionnel sur les sommets alpins et ouvert sur les vallées ardéchoises. La falaise du cirque des Boutières représente ce qui reste du cratère d’un ancien volcan, ruiné ensuite par l’érosion glaciaire qui a dessiné un vaste amphithéâtre qui descend brutalement vers la vallée du Rhône.

Les paysages des Boutières sont fortement marqués par les cultures en terrasse et la production de châtaignes.

Après être passé au Col de la Clède en ayant franchi la ligne de partage des eaux, j’aperçois face à moi le mont Gerbier de Jonc. Le gîte de Villevieille, lieu de mon ultime étape, n’est pas loin.

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C’est ici que des eaux partent vers l’Atlantique et d’autres vont vers la Méditerrannée

Du gîte, je contemple le mont Gerbier de Jonc en face. Celui-ci est célèbre de par sa forme particulière (une forme en courbe de « loi de Poisson » [déformation professionnelle d’antan] ) mais aussi parce qu’il est le véritable symbole des sources de la Loire.

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 J7 –Villevieille – Issarles

Après une bonne nuit, il faut se rendre à l’évidence, une petite pluie est au rendez-vous.

Après m’être équipé de mon poncho et mes sur bottes, je me lance en direction de l’un des 5 sucs de la région, le Suc de la Lauzière, suc culminant à 1582 mètres d’altitude, issu d’une épaisse coulée de lave visqueuse, une beauté … d’où on extrayait la lauze autrefois. 

La progression se fait assez bien sur le GR5, sans difficulté particulière sur une zone de vastes plateaux où paissent des troupeaux de vaches, d’autant plus que la pluie sans est allée.

Je rencontre F… à pied avec son chien qui me donnera quelques info pour rejoindre plus facilement le lac d’Issarles. Il se situe à 1 000 mètres d’altitude en Haute Ardèche, aux confins de la Lozère et de la Haute-Loire, et se niche au sein d’un ancien cratère volcanique.

Après réflexion, je me dirige au camping de la Plaine au bord de la Loire. Pastel fera étape dans un vaste pré bien enherbé et, fait la curiosité de plusieurs campeurs.

Quant à moi, je visite une expo photos en bord de Loire et ai l’occasion de m’essayer au mono roue que pratique à merveille l’un des campeurs mais, je suis plus à l’aise sur mon cheval que sur ce « truc ». Je retrouverai F …. avec qui je dégusterai une bonne bière.

 

J8 – Issarles – Ussel

Je dois revoir mon itinéraire, je devais faire étape la veille à Chadeyre et je me suis arrêté à Issarles.

Je démarre assez tôt, l’étape va être longue avec un fort dénivelé au début. Pastel s’est rassasié dans le pré et a sans doute bien dormi.

Ça monte tout au long des 10 premiers kilomètres  au cours desquels je peux admirer le lac d’Issarles en contrebas.

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vue sur le lac d’Iassarles

Je ne ferai ensuite que descendre en traversant de jolis villages comme Vachère, Alleyrac …

L’arrivée à Goudet se fait de façon périlleuse et « casse-gueule » par un bout de GR,  sur insistance et fausse information transmise par le gîte de Goudet à mon arrivée sur ce village, malgré mes très grandes réticences et le fait que j’étais sur le tracé officiel de « l’écrin du Velay » du CDTE. Ceci donnera lieu à une explication tendue avec ce gîte. Je serai alors considéré « persona non grata »  et serai contraint de prolonger mon étape jusqu’à Ussel où je serai très bien accueilli au gîte étape Halte Modest’in. Ce sont des gens très sympas, hypers clean, qui pratiquent le Western,  là aussi, une très bonne adresse pour randonneurs… Mais il me faut à peu près 1 h 30 pour faire les 5 km afin de me rendre à Ussel, tant  le chemin est difficile. Dur, dur … la journée …

Goudet est un village marqué par une importante crue du 13 juin, un pont détruit et une personne qui a perdu la vie.

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des traces de la crue du 13 juin

La journée a été longue, 39 km avec une ascension de plus de 1 000m et une descente d’un peu moins de 1 000m. 

J8 – Ussel – Montbonnet

Après un bon petit déjeuner, je reprends la route en direction de Montbonnet. L’étape devrait être  cool, 23 km pour un très faible dénivelé et un bon sol de pouzzolane.

Je devais passer le long des bords de la Loire mais,  suite à la crue de juin dernier, le sentier n’est plus praticable. Je vais donc prendre le GR70 jusqu’à Bargette puis le GR40 jusqu’à Le Bouchet St Nicolas puis l’ancienne voie romaine jusqu’à Montbonnet, en lisière de la forêt du Deves.

Le chemin  au sol de pouzzolane sillonne à travers de vastes espaces et, convient très bien à mon fidèle compagnon.

Je profite d’une épicerie pour faire quelques approvisionnements à Le Bouchet St Nicolas, joli petit  village rural isolé sur le plateau de la Haute-Loire entre Pradelles, les Gorges de l’Allier, le Mt Mézenc et Le Puy en Velay en pleine région volcanique.

Nous sommes sur les traces de Stevenson et de son ânesse Modestine, précurseur des randonneurs

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J’emprunte ensuite cette voie romaine sur 8 km environ. Ce fut interminable. Dommage que Pastel ait tout ce poids sur le dos, il aurait sûrement apprécié faire un bon galop là-dessus.

 

Mais, il ne faut jamais désespérer…. J’aperçois enfin le village de Montbonnet lieu de mon étape et 1ère étape des randonneurs pédestres partis du Puy sur le chemin de St Jacques de Compostel. Le chemin de St Jacques et le circuit de Stevenson servent de base au business des gîtes et chambre d’hôte en Haute-Loire.

Je suis dans un gîte super, propre bien équipé et reposant.

C’est en début de soirée que l’on vient m’apprendre que Pastel s’est blessé au paturon droit.

C’est la fin de l’aventure et le début des emmerdes …. Ainsi s’achèvera ma rando en Haute-Loire et en Ardèche, avec lucidité et une profonde déception mais aussi avec une certaine inquiétude pour la santé de mon cheval.

J’éprouve cependant une certaine satisfaction d’avoir fait 9 jours de rando dans ces conditions et d’avoir fait la rencontre de personnes formidables avec qui j’ai partagé des moments inoubliables. Pastel s’est montré, comme à l’habitude, un excellent cheval de rando. J’ai beaucoup apprécié les paysages de l’Ardèche et aimé les paysages de Haute-Loire bien que je leur préfère ceux du Cantal.

Je sais désormais ce qu’est la rando en solitaire et sans assistance. Une bonne préparation et organisation ainsi qu’une certaine aptitude à gérer ses émotions me semblent des atouts indispensables pour randonner dans ces conditions.

L’itinéraire suivi

Voici mon tracé, vous pouvez y accéder sur visugpx en cliquant sur le lien ci-dessous :

tracé rando HLA

et, ci-dessous le profil altimétrique de ma rando :

Capture profil HLA (2)